Ce n’était plus qu’une question de minutes…
La sueur perlait sur son front, il régnait dans ce tribunal une tension déroutante et angoissante, James attendait la décision qui marquerait son destin.

Quelques jours auparavant, dans la ville de Londres, se déroulait la fête de la saint Georges visant à honorer le saint patron des chevaliers. Le soir, les pubs étaient bondés, la fête battait son plein, toute la population était en délire, sauf James !
James était un jeune homme mystérieux. Tout le monde dans son quartier à Newhame, un des quartiers les plus défavorisés de Londres, le trouvait bizarre et dépourvu d’émotion. C’était un garçon sans histoire qui ne parlait pas beaucoup et qui était toujours seul. Personne ne savait s’il avait des parents, s’il avait un travail ou dans quelles circonstances il vivait ….
Ce soir-là, James avait décidé de sortir lui aussi profiter ne serait-ce qu’un petit moment de la fête, histoire de sortir de sa routine habituelle qui consistait à regarder un ou deux épisodes de la série “Peaky blinders”, de boire une canette de bière à peine fraîche et
de manger un bout s’il avait quelque chose dans son frigo. Puis avant d’aller se coucher, il fumait quelques cigarettes en bouquinant son magazine de moto corné et usé jusqu’à la moelle.

Les jeunes du quartier qui zonaient en bas de son immeuble, le regardaient avec curiosité et se demandaient où il pouvait bien aller d’un pas si rapide et à une heure si tardive, lui qui ne sortait jamais.
James tournait dans les rues à la recherche d’un pub à peu près sympa, mais où il n’y avait pas grand monde, lui qui n’était pas si sociable que ça, n’avait absolument pas envie d’être en présence de personnes qui pourraient le mettre mal à l’aise.
Après quarante-cinq minutes de marche, il avait trouvé le pub “the black lion pub” ou il pourrait savourer une bonne pinte d’Ale, la bière traditionnelle Anglaise et rentrer tranquillement chez lui pour se coucher. Au moment où il allait traverser la rue, une voiture crissait des pneus, arrivait sur lui en trombe et un homme côté passager brandit une arme dans sa direction. Le temps se figea, la scène était en suspens devant ses yeux, et tout d’un coup tout devint noir !
James se retrouva seul, décontenancé et droit comme un piquet dans une salle d’audience vide et glauque, avec un homme qui l’avait arraché à la réalité de la vie.

Qui était cet homme en cape noire qui ne disait mot ?
James lui demanda timidement :

– Je peux savoir ce que je fais ici monsieur ? Je ne comprends rien à ce qui m’arrive, j’ai
l’impression de faire un cauchemar.

L’homme leva la tête et d’un air très sérieux lui répondit :

– Je suis le juge de la mort, je suis celui qui va décider si tu vas mourir ou vivre !

James était décontenancé. Il n’arrivait plus à parler.

Le juge reprit :

– Je connais ta vie dans les moindres détails James, tu n’es pas un enfant de chœur, je crois que tu le sais très bien toi aussi, je me trompe ?

James le fixait et terrorisé lui dit :

– Non, je ne vois pas de quoi vous voulez parler, je suis un homme de 32 ans sans histoires, oui, je n’ai pas toujours fait les choses bien dans ma vie, mais comme tout le monde, on est humain avant tout, on a tous le droit à l’erreur.
– Hum … Je vois ! Tu penses que ce sont des erreurs ce que tu as fait ? Des erreurs qui selon toi pourraient être pardonnées ?

Dit le juge très calmement.

– Je l’espère, car j’étais plus jeune, j’étais seul abandonné de tous, je ne savais pas ce que je faisais. J’avais perdu l’envie de vivre….
James prit sa tête dans les mains et respirait fort et vite.
– Tu espères ? C’est de mieux en mieux ! Le fait d’assassiner une jeune fille de 17 ans, est un acte impardonnable James, tu étais jeune certes, mais tu savais ce que tu faisais… Je suis ici pour rendre justice !

Le juge pris place sur son grand fauteuil en face de James qui avait l’air terrorisé.

– Bien, dit l’avocat, si je reprends les faits d’il y a treize ans, tu avais 19 ans et tu as assassiné cette jeune fille par jalousie James, est-ce vrai ?
– Mais je ne voulais pas, c’était un accident, je suis désolé, par pitié laissez-moi partir, j’ai déjà payé pour ça, j’essaye de me reconstruire comme je peux depuis ce jour terrible…

Le juge le regardait faire sa comédie, puis en haussant le ton lui dit :

– Arrête de pleurnicher, tu es un menteur et ici, aucun menteur n’est toléré ! Moi je vais te le dire, tu as assassiné cette jeune fille parce que tu as découvert qu’elle aimait un garçon de son lycée. James tu vivait dans la rue, elle ne t’avait jamais croisé, elle ne te connaissait même pas. L’espionner tous les jours ne faisait pas de toi son petit ami. Tu étais simplement jaloux quand tu les as découvert tous les deux une fin d’après-midi ou tu avais décidé de lui adresser la parole pour la première fois, et tu as commis
l’irréparable.

James se raidit, dans ses yeux la haine et les larmes montaient, puis d’un coup, il hurla :

– Va te faire voir espèce de salaud, j’ai fait ça parce que je savais que si je lui parlais de mon amour pour elle, elle m’aimerait en retour et viendrais vivre avec moi, on aurait formé une famille et on aurait vécu heureux…

Le juge leva les yeux au ciel.

– James le simple fait de t’imaginer qu’une fille de bonne famille comme elle aurait pût tomber amoureuse d’un pauvre SDF comme toi t’a rendu fou ! Tu as brandi un couteau de ta poche et tu as tranché la gorge de cette fille par rage quand tu l’as vu embrasser ce
garçon …. Ensuite, lui, tu l’as battu jusqu’à qu’il ne respire presque plus, heureusement, il a survécu à tes coups, car tu as entendu des gens arriver dans la ruelle.

James s’écroula au sol et pleura en se tordant de colère. Pendant un instant, le silence était roi.

Le juge se leva et lui dit :

– Maintenant, il est temps de savoir si tu repars dans le monde des vivants ou si tu rejoins les morts.

James s’arrêta de respirer et regarda le plafond en pleurant.

Le juge leva son bras, et un éblouissant flash blanc ramena James dans la vie réel au moment même où l’arme d’un homme dans une voiture était braqué sur lui, c’était bien la scène qu’il avait quittée il y a un moment. James n’avait plus la notion du temps.
En regardant l’arme, il voyait sa vie défiler devant lui, une vie de misère, de drames, de tristesse, de malheurs, bref une vie ratée.
Est-ce que la balle allait le tuer ou pas ? Seul le juge le savait ….

Une nouvelle d’Emmanuelle HERBIVO – Promotion Ecrire un livre

Cet article a 2 commentaires

  1. Sophie

    Le descriptif du personnage principal donne envie d’en savoir plus sur lui et sur l’acte qu’il a commis. Bravo

    1. Herbivo

      Merci Sophie, votre commentaire est très encourageant.

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Sandra

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